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Yannick Lahaye réagit aux propos du bourgmestre

Une fusion de notre zone de police avec celle de Bilzen-Hoeselt-Riemst présente de nombreux problèmes et risques ;

1. Diminution de la permanence local avec relocalisation d’effectifs à Bilzen ;

2. Le délai d’intervention dépasserait plus de 30min en fonction de village si l’intervention est faite depuis le central à Bilzen ; ce délai est bien trop long (vol, …) ;

3. Diminution de la présence policière locale, des rondes et contrôles ; Fourons va être au fur et à mesure délaissé par rapport aux autres communes de la zone, à nouveau pour des raisons géographiques.

4. Augmentation de l’insécurité suite au 2 points énumérés ci-dessus alors que nous sommes une commune où le risque de deal est très élevé à cause de la frontière NL ; Géographiquement, la fusion avec cette zone de police ne fait aucun sens.

5. Le respect du bilinguisme ne saura pas être garanti ;

6. Diminution du pouvoir de Fourons dans les prises de décisions.

a. Dans une fusion et suite au nouveau projet de loi, seuls les bourgmestres seront en mesure de prendre les décisions ;

b. Le pouvoir de vote de Fourons sera très faible comparé aux communes avec lesquelles on fusionne. A contrario, le ratio de contribution financière par habitant sera le plus élevé. Cela signifie que les populations des autres communes bénéficieront grâce à Fourons d’un budget par habitant supérieur à l’actuel au détriment de notre population fouronnaise qui perdra au change ;

Nous souhaitons rappeler que :

- Notre commune n’est pas située idéalement géographiquement pour fusionner avec Bilzen ;

- Notre commune est en bordure des Pays-Bas où l’échange/vente de drogues, … est très présent ;

- Nous sommes une commune à facilité :

o Le bilinguisme doit être maintenu ; o Un budget fédéral par habitant plus conséquent que les autres commune est attribué par le Fédéral afin de garantir la sécurité de nos villages. Une fusion remettra en question cette dotation et l’usage de cette dernière.

Face à ce projet et aux nombreuses inquiétudes qu’il suscite, nous avons estimé important de recueillir l’avis de la population. Grâce au sondage que vous avez également reçu dans vos boîtes aux lettres, plus de 435 réponses ont été récoltées.

Il convient toutefois de préciser qu’il est difficile de déterminer exactement combien de personnes cela représente réellement, certains ménages n’ayant rempli qu’un seul questionnaire. Malgré cela, le nombre de réponses obtenu est particulièrement représentatif de l’opinion de l’ensemble de la population fouronnaise. Il est également intéressant de souligner que la répartition des réponses en néerlandais et en français est très proche d’un équilibre de 50/50.

Nous proposons de transmettre à la Directrice générale l’ensemble des données et statistiques, ainsi que l’intégralité des commentaires recueillis. À titre indicatif, plus de 90 % considère que le respect de la langue est essentiel et qu’une présence policière complète sur le territoire communal demeure indispensable afin de ne pas affecter les délais d’intervention et conserver la sécurité actuelle au sein de notre commune.

Par ailleurs, 44 % des répondants ont laissé un commentaire complémentaire. En voici un bref résumé :

• Une très large majorité des répondants s’oppose à une fusion ou à une délocalisation de la police, principalement par crainte d’une dégradation de la sécurité et d’un allongement des délais d’intervention.

• Les habitants insistent sur la spécificité de Fourons : commune frontalière, rurale et isolée, confrontée à des problématiques particulières (trafics, cambriolages, mobilité transfrontalière) nécessitant une présence policière locale forte et réactive.

• La police de proximité est largement valorisée : les citoyens soulignent l’importance d’avoir des agents connaissant le terrain, les villages, les habitants et capables d’intervenir rapidement, y compris la nuit.

• De nombreuses réponses mettent également en avant l’importance du bilinguisme et d’un service accessible dans la langue des habitants, élément considéré comme essentiel dans une commune à facilités.

• Plusieurs citoyens expriment enfin un sentiment d’abandon face à la disparition progressive des services locaux et craignent qu’une fusion accentue l’isolement de la commune.

En parallèle à ce sondage, nous nous sommes renseignés plus en profondeur sur le projet de fusion applicable à notre commune.

D’un point de vue linguistique, cette fusion soulèverait d’importants défis pratiques et organisationnels. À titre d’exemple, aucun véhicule de police ne peut être lettré en français et être opérationnel à Bilzen, alors qu’à Fourons, la présence des deux langues est obligatoire. Dès lors, comment assurer un fonctionnement cohérent et conforme aux obligations légales ? Dans les faits, la seule solution réaliste semblerait être le maintien d’un district à Fourons, dépendant d’une centrale située ailleurs. Dans ce cas, quelle serait la réelle plus-value de cette fusion ? Le pouvoir décisionnel local serait fortement réduit, alors même que la contribution financière des Fourons par habitant resterait plus importante. Une telle situation se ferait clairement au détriment de notre population.

Par ailleurs, d’un point de vue géographique, une fusion avec Bilzen ne nous semble ni logique ni cohérente.

C’est pourquoi nous considérons qu’il n’est pas opportun de lancer une étude de faisabilité aussi ciblée, qui nécessiterait énormément de temps, d’énergie et de moyens financiers. Selon nous, une telle enquête démontrera qu’une fusion avec Bilzen n’est ni réaliste, ni rationnelle, ni efficace.

Nous estimons qu’il existe des pistes bien plus efficaces et pragmatiques : repenser le fonctionnement actuel de notre zone de police, ainsi qu’initier ou renforcer les collaborations avec les zones voisines.

Vous pourrez lire le résumé de l'exposé du bourgmestre et sa réponse à Yannick Lahaye dans le reportage de Philippe Leruth concernant ce conseil communal du 28 mai 2026.

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