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Flandre

  • La langue française gagne du terrain en Flandre

    "Alors que d’aucuns considèrent que la langue française a vécu en Flandre et que promouvoir la francophonie au Nord du pays est un combat d’arrière-garde, l’analyse des données de 'Kind en Gezin', à propos des langues que les mères utilisent  pour élever leurs enfants, apporte un éclairage bien différent", peut-on lire dans le numéro d’automne de "Nouvelles de Flandre", organe de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF).

    En effet, en consultant les rapports annuels de l’homologue de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE), on observe qu’en Flandre, le pourcentage de mères s’adressant en français aux nouveau-nés a augmenté de 50% au cours des quinze dernières années, passant de 4,2 % en 2005 à 6,4% en 2020.

    La version en ligne des données de "Kind en Gezin"(*), ventilées par province et par commune, apporte des précisions importantes quant à la pratique du français en Flandre.

    C’est dans le Brabant flamand que la langue française est la plus utilisée. Pas moins de 24,4% des nouveau-nés y sont élevés en français. Dans les six communes à facilités linguistiques, le français atteint des sommets: Linkebeek (78,6%), Drogenbos (76,6%), Wezembeek-Oppem (72,7%), Crainhem (69,9%), Rhode-Saint-Genèse (65%) et Wemmel (59,1%).

    Dans dix communes du Brabant flamand, le français arrive en première position, bien que ces communes ne soient pas des communes à facilités et que la seule langue officielle soit le néerlandais: Leeuw-Saint-Pierre (59,1%), Beersel (48,7%), Dilbeek (48,6%), Zaventem (47%), Machelen (43,9%), Overijse (43,9%), Tervuren (39,4%), Asse (38%), Vilvoorde (37,7%) et Grimbergen (37,2%).

    Dans trois communes, sans que la langue de Voltaire n’arrive en tête, plus de 30% des nouveau-nés sont francophones: Hoeilaart (38,6%), Meise (33,3%) et Liedekerke (32%).

    Dans les quatre autres provinces flamandes, la langue française se distingue également. Province d’Anvers: Willebroek (10,5%); Limbourg: Fourons (20%), Gingelom (11,7%); Flandre orientale: Renaix (23,2%), Ninove (15,7%), Alost (15,4%), Gramont (12%), Zottegem (12%), Lebekke (10,9%); Flandre occidental : Messines (27,3%), La Panne (16,7%), Wervicq (12,9%), Menin (10,1%) et Espierres-Helchin (10%).

    Ces données ne valent bien évidemment pas recensement linguistique - recensement qui a été supprimé en 1961, sous pression de la Flandre -, mais elles donnent une bonne idée de la vitalité de la langue française au Nord du pays.

    Là où le bât blesse, c’est que la Flandre ne veut pas entendre parler de minorité francophone sur son territoire, ni de discriminations linguistiques.

    De fait, sous la pression des nationalistes flamands, la Belgique a fait savoir à l’ONU qu’elle n’acceptait pas la recommandation de la Suisse, faite lors du 3ème Examen périodique universel (EPU) de notre pays, en mai dernier, de "ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales". Ni celle de la Russie de "prendre des mesures efficaces pour réaliser pleinement les droits culturels et linguistiques des minorités, en particulier de la minorité francophone en Flandre". Ou encore les recommandations concernant la lutte contre les discriminations linguistiques.

    Face à cette situation et au non respect des facilités à Renaix, le mouvement apolitique « Ronse bilingue-Renaix tweetalig » a déposé plusieurs plaintes auprès de la Commission permanente de contrôle linguistique. Ces plaintes ont été reconnues comme recevables et fondées. Ce qui a conduit, tout récemment, le Ministre flamand de l’Intérieur, Bart Somers, à appeler les autorités communales de Renaix à respecter la législation linguistique. Un exemple à suivre !


    (*) https://www.opgroeien.be/cijfers-en-publicaties/taal-en-nationaliteit/gemeenten

    Pour plus d’informations

    Nous vous renvoyons au numéro d’automne de "Nouvelles de Flandre" (102 - Octobre-Décembre 2021) et à notre site internet (http://www.francophonie.be/ndf).

    Je conteste évidemment le chiffre donné ici pour notre commune des Fourons et je regrette l'oubli de la petite commune de Herstappe.

  • Limbourg, la honte !

    TAGS RACISTES DANS PLUSIEURS COMMUNES

    « Sales singes, quittez notre pays », « Hitler reviens »

    Alors que le combat contre le racisme fait plus que jamais rage aux quatre coins du monde et que les statue de Léopold II doivent être mises à l’abri, c’était le choc ce dimanche matin, dans plusieurs communes du Limbourg.

    En effet, des phrases honteuses ont été taguées sur des murs et des abribus à Tongres, Bilzen ou encore Capture d’écran 2020-06-15 à 07.57.58.pngLanaken. « Sales singes, quittez notre pays », « Hitler reviens », « White power, nous allons vous tuer » ou encore « Revenez les nazis » : les inscriptions sont nombreuses et font froid dans le dos !.

    « C’est du racisme et du van-dalisme », s’est indigné le bourgmestre de Lanaken interrogé par nos confrères du Laatste Nieuws, en ajoutant qu’une enquête allait être ouverte.

    Les graffitis devaient être effacés dans les plus brefs délais. 

    (Information de "La Meuse" du 15 juin 2020)

     

    Lien permanent Catégories : Flandre
  • LE PRÉSIDENT DU PARLEMENT FLAMAND poussé à la démission par une prostituée

    L’Histoire retiendra sa sortie précipitée par une porte discrète de l’hôtel de ville de Bruxelles alors qu’il venait de prononcer son premier discours en qualité de président du Parlement flamand à l’occasion de la Fête flamande. Deux heures plus tard, Kris Van Dijck annonçait sa démission, précisant : « Je n’ai jamais rien fait qui aille à l’encontre de la loi. Ceux qui me connaissent un peu le savent. Les allégations de ce jour sont totalement incorrectes ».

    Pendant son discours, Kris Van Dijck avait présenté ses excuses pour avoir été impliqué dans un accident de voiture la semaine dernière avec un taux d’alcool particulièrement élevé. Alors qu’il s’employait à éteindre cet incendie devant un parterre d’hommes politiques dont Charles Michel, le journal flamand P-Magazine a publié sur son site internet un article sur la relation entre le président du parlement flamand et une prostituée. Nos confrères y détaillent la façon dont il serait intervenu en sa faveur dans un dossier de faillite frauduleuse. La prostituée, qui se fait appeler Escort Lynn, aurait bénéficié de la faillite de la société E-Media qui l’avait recrutée avant de rapidement mettre la clé sous le paillasson. Cette faillite devait, selon P-Magazine, lui permettre de bénéficier du chômage et d’une couverture sociale. « Escort Lynn » s’est adressée au FFE, soit le Fonds d’indemnisation des travailleurs licenciés en cas de fermeture d’entreprises, afin d’obtenir une indemnité de 26.000 euros.

    D'un article d'Y.H. à lire dans LA MEUSE du 12 juillet 2019

  • La société civile et les victimes de discriminations linguistiques "roulées dans la farine"

    Lors de son Examen périodique universel (EPU) de 2016, la Belgique s’était engagée à travailler en collaboration étroite avec la société civile pour assurer le suivi dudit examen. Mais notre pays n’a pas tenu ses engagements: la société civile n’a plus été réunie depuis le "débriefing" du 27 avril 2016 sur le dialogue interactif et le suivi de l’EPU de 2016, il y a près de 3 ans. De plus, le bilan à mi-parcours de l’EPU de 2016, que la Belgique aurait dû envoyer à l’ONU l’été dernier, après avoir consulté la société civile, n’a toujours pas été réalisé. A ce jour, aucune réunion avec la société civile n’a été programmée.

    Le site internet des Affaires étrangères(1) est pourtant très explicite: "Le rôle joué par la société civile, y compris les ONG et les médias, est essentiel au fonctionnement de notre système démocratique, ainsi qu'à la protection des droits de l'homme. En contrôlant l'activité de l'Etat, la société civile agit comme un contrepoids nécessaire à son pouvoir. Le SPF Affaires étrangères accorde une grande importance à l'existence d'un dialogue avec les différents représentants de la société civile. (…) Le ministre des Affaires étrangères rencontre lui-même chaque année les principales ONG belges pour discuter de différents thèmes d’actualité et de l’action de la Belgique sur la scène internationale".

    Déjà dans le rapport que notre pays a remis à l’ONU(2) pour préparer l’EPU de 2016, on pouvait lire: "La Belgique est déterminée à s'acquitter pleinement de ses obligations dans le domaine des droits de l'homme et à améliorer ses mécanismes nationaux chargés d'assurer un suivi dans ce domaine. Elle s'engage également à continuer d'établir les rapports destinés à tous les mécanismes des droits de l'homme, notamment à l'Examen périodique universel, dans les délais impartis et à coopérer avec ces mécanismes. La participation des organisations de la société civile à ce processus demeurera une priorité essentielle".

    Forte de ces engagements répétés mais non concrétisés, doublés de l'acceptation par la Belgique de la recommandation de la Pologne d’"associer la société civile au processus de suivi et de mise en œuvre des recommandations issues de l'EPU", l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) condamne avec force le fait que la société civile n’ait pas été réunie pour examiner le projet de loi de création d’un Institut national des droits de l’Homme (INDH). La création d’un INDH doit faire partie du suivi de l’EPU de 2016 parce que cette création a fait l’objet de recommandations de plus de 30 pays lors de l'examen et que la Belgique les a acceptées. Elle se doit donc de les mettre en œuvre d’ici le prochain EPU de notre pays en 2021.

    L’APFF vient d’apprendre que la création d’un INDH pourrait encore être votée avant la fin de la législature, la proposition de loi(3) y afférant ayant été adoptée en Commission des Relations extérieures le 27 mars dernier.

    Ayant contacté la Ligue des droits humains (LDH), nouvelle appellation de la Ligue des droits de l’homme, l’APFF a été effarée d’apprendre que la LDH n’avait plus été consultée depuis 2015 à propos de la création d’un INDH. Un comble quand on sait que la LDH est un des piliers de la société civile, avec Amnesty international, en matière de protection des droits humains.

    Dans sa version actuelle, la proposition de loi de création d’un INDH est inacceptable. Elle n’offre aucune avancée en matière de lutte contre les discriminations linguistiques.

    En effet, si elle est votée telle quelle, c’est à dire sans amendement, il sera très difficile, voire impossible, d’obtenir par la suite qu’un organe compétent pour lutter contre les discriminations linguistiques soit désigné, alors qu’UNIA (ex-Centre interfédéral pour l’égalité des chances) est candidate.

    L’article 5 de la proposition de loi est très clair. Il explique que le futur INDH ne traitera pas des plaintes individuelles. Il importe donc avant toute chose qu’UNIA soit désignée comme organe compétent en matière de discriminations basées sur la langue, sans quoi les victimes de discriminations linguistiques continueront d’être livrées à elles-mêmes, ce qui créerait une discrimination parmi les victimes de discriminations!

    Bien qu’UNIA n’ait toujours pas été désignée, elle a fourni des informations très intéressantes quant aux discriminations basées sur la langue, lors de son audition(4) à la Chambre, le 14 mars 2018: "En 2016, Unia a reçu au total 136 signalements concernant spécifiquement le critère de la langue. À cela s’ajoutent 30 signalements dans lesquels le critère de la langue était mentionné en plus d’un autre critère, soit au total 166 signalements". Et de préciser qu’au cours des cinq dernières années, "sur 825 signalements reçus uniquement sur le critère langue (donc pas combinés avec un autre critère), 508 provenaient de requérants néerlandophones, 281 de requérants francophones et le reste de requérants s’adressant dans une autre langue".

    A la lecture de ces chiffres, il est évident que les discriminations linguistiques ne sont pas un simple détail qui ne concerne que quelques cas isolés. Les Flamands s’en disent au moins autant victimes que les francophones. Nos politiciens se doivent d’y apporter une réponse en collaboration étroite avec la société civile et en toute transparence.

    (1) https://diplomatie.belgium.be/fr/politique/themes_politiques/droits_de_lhomme/questions_specifiques/collaboration_avec_la_societe_civile
    (2) https://www.upr-info.org/sites/default/files/document/belgium/session_24_-_january_2016/a_hrc_wg.6_24_bel_1_f.pdf
    (3) http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/3670/54K3670001.pdf
    (4) https://www.unia.be/files/Documenten/Publicaties_docs/180314audition_ADAR_r%C3%A9ponses.pdf

  • Les francophones de Flandre sacrifiés ?

    L’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) ayant pris connaissance de la proposition de loi concernant la création d’un Institut national des droits de l’Homme (INDH) émet les plus strictes réserves quant aux conséquences du document en question.

    Inutile de dire que si la proposition de loi qui a été approuvée en Commission des Relations extérieures de la Chambre est votée telle quelle, c’est à dire sans amendement - ce qui pourrait être le cas avant la fin de la législature -, il sera très difficile, voire impossible, d’obtenir par la suite qu’un organe compétent pour lutter contre les discriminations linguistiques soit désigné. Les 310.000 francophones qui vivent en Flandre seraient tout simplement sacrifiés !

    Pour l’APFF, il est tout à fait inacceptable que nulle part dans la proposition de loi, il ne soit fait clairement référence à la lutte contre les discriminations linguistiques, alors que dans leur rapport présenté en 2017 à la Chambre, les experts de la Commission d’évaluation des lois antidiscrimination de 2007 ont rappelé qu’Unia (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances) ne peut intervenir en cas de discrimination linguistique.

    A la Commission d’évaluation qui était présidée par Françoise Tulkens de déclarer : "il convient de remédier à cette incohérence du dispositif de protection contre les discriminations, qui crée une inégalité entre les victimes". Suite à quoi les experts ont recommandé de "mettre à exécution l'article 29 § 2 de la loi antidiscrimination et de désigner un organisme de promotion de l'égalité de traitement compétent pour le motif de la langue ».

    Ce n’est un secret pour personne : les nationalistes flamands ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire ni de discriminations linguistiques.

    De ce fait, la Belgique n’a toujours pas ratifié la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales ni le Protocole additionnel n°12 à la Convention européenne des droits de l'Homme chargé de lutter contre toutes formes de discriminations, en ce compris les discriminations linguistiques.