Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Science

  • Plombières future référence universelle ?

    Remonter jusqu’à l’origine du Big Bang, découvrir les spécificités des trous noirs, en apprendre davantage sur les étoiles à neutrons... C’est ce que le télescope Einstein va permettre. Cette structure en forme de triangle de 10km de côté sera capable de détecter les ondes gravitationnelles, autrement dit, de minuscules déformations de l’espace-temps dans l’univers. Et ce télescope pourrait être implanté... à Plombières !

    "Le télescope Einstein aura une sensibilté nettement supérieure aux instruments qui existent pour l’instant. Cela va nous permettre de faire de nouvelles détections sur des nouveaux événements, et ces détections seront beaucoup plus précoces. On aurait donc une information extrêmement riche", commence Christophe Collette de l’Université de Liège et directeur de la partie liée au prototype du projet. "À chaque sommet de ce fameux triangle se trouvent des miroirs. Ces derniers permettent de réfléchir un faisceau laser qui permet lui-même de mesurer des variations de distance extrêmement faibles générées par ces fameuses déformations"

    300 mètres sous terre

    Pour une telle structure, il faut un endroit stable et préservé de toute source de perturbation environnementale. C’est pour cela que le télescope devrait se situer... à 200 voire 300 mètres sous le sol !

    "Les enjeux géologiques sont d’être capables de prédire la géologie qu’on va avoir à 300 mètres sous terre, ce qui n’est pas facile puisqu’on ne peut se reposer que sur un nombre limité de forages (NDLR : 5 forages). On va donc devoir utiliser des outils d’imagerie géophysique : de l’imagerie sismique, électrique... pour essayer de comprendre finalement comment s’agencent les couches géologiques à grande profondeur", explique Frédéric Nguyen, professeur à l’Université de Liège et directeur de l’étude des conditions dans le souterrain. 

    Les trois frontières collaborent

    Un projet colossal qui requiert une collaboration avec l’Allemagne et les Pays-Bas.

    "C’est vraiment la collaboration entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne qui permettra, tant au niveau scientifique qu’au niveau financier et économique, l’implémentation du télescope Einstein en Eurégio Meuse-Rhin", précise Annick Pierrard, cheffe de file du projet à l’Université de Liège. "Nous avons une collaboration entre l’Université de Maastricht, l’Université de Liège, le NIKHEF aux Pays-Bas, la RWTH Aachen en Allemagne, le Fraunhofer... Nous sommes onze partenaires avec onze expertises différentes mais nécessaires".  

    La menace Sardaigne

    Ce télescope dont l’investissement total représente pas moins de 2 milliards d’euros deviendrait un centre mondial de référence, unique au monde. Car même s’il existe déjà deux structures similaires au Japon et aux Etats-Unis, le télescope Einstein va perfectionner les nouvelles technologies pour devenir une toute nouvelle version d’interféromètre dernier cri. L’interféromètre, c’est l’objet scientifique qui permet de détecter les ondes gravitationnelles. La bourgmestre de Plombières, Marie Stassen, s’en réjouit mais reste prudente car elle ne dispose pas de beaucoup d’informations.

    "On sent bien qu’au niveau des trois bornes, le site est en train d’évoluer. Au niveau touristique, il attire toujours plus de monde. On est aussi au carrefour des Ravel, et ce projet scientifique est évidemment hyper intéressant, même pour tout ce qui est tourisme scolaire. Car nous aussi, on essaye de le développer au niveau du site minier et donc oui, ça peut vraiment être un plus pour la commune. Mais on se réjouit d’avoir aussi toutes les informations, et d’abord de voir si notre site est choisi au niveau européen"

    Choisi au niveau européen car Plombières est en effet en concurrence avec la Sardaigne. La décision finale ne tombera qu’en 2025, une fois les tests terminés de chaque côté. Quant au télescope en lui-même, il ne sera opérationnel qu’en 2035. Albert Einstein devra encore attendre quelque temps avant de voir ce télescope en activité. Ce projet qui découle de son hypothèse d’onde gravitationnelle en... 1916. (Nicolas Lesecque)

    ▶︎ Si vous voulez en découvrir davantage sur ce projet, regardez cette vidéo